« Rhâââ… Pas tout de suite! » : Que faire quand mon enfant est très demandeur?

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“Pas tout de suite!”, “Va donc jouer tout seul!”, « Lâche un peu ta mère!”

Pas de mystère, les enfants nous sollicitent BEAUCOUP.

Et c’est agaçant / chiant / énervant / usant / fatigant… voire tout ça à la fois.

 

On rentre du boulot, après une journée stressante et un trajet dans les bouchons, et on voudrait juste se poser quelques minutes avec le smartphone ou la tablette pour décompresser.

Ou bien on a une tâche à réaliser (le repas, une lessive, du ménage, un dossier urgent à finir, un coup de fil important à passer…), une tâche pas forcément gratifiante d’ailleurs, qu’il FAUT faire.

Et voilà ces petits empêcheurs de tourner en rond qui nous appellent, nous sollicitent, viennent tourner autour de nous comme des mouches importunes. Ils souhaitent nous emmener ailleurs pour jouer avec eux ou leur lire une histoire. Ou ils regardent avec intérêt ce qu’on fait et veulent nous “aider” (c’est-à-dire que ce que nous sommes en train de faire va prendre 3 fois plus de temps avec 10 fois plus de saletés à nettoyer ensuite).

 

C’est usant, fatigant, etc… mais c’est comme ça.

Nos enfants ont une intelligence en formation qui a besoin d’être nourrie et la meilleure nourriture pour le cerveau de l’enfant vient de l’interaction avec son parent.

 

1. La solution “court terme”

La solution “court terme” consiste à coller l’enfant devant un écran.

enfant devant tele

photo mojzagrebinfo/Pixabay

Ah, ça oui, on a la paix! Enfin, au moins jusqu’au moment où il faut le décrocher de l’écran.

L’inconvénient de cette solution, c’est que pendant tout le temps où l’enfant regarde passivement un écran, son intelligence subit une sorte de famine et perd des opportunités de se développer (cette perte est définitive car le temps écoulé n’est pas “rattrapable”).

En particulier, l’intelligence sociale, celle de la relation à l’autre, s’étiole. En plus, c’est un cercle vicieux, car l’enfant n’apprend pas à s’occuper seul. La fois suivante, il aura encore plus besoin de son parent (qui comblera avec un écran), etc…

Selon moi, cette solution est donc à réserver aux cas d’urgence. Les moments où le parent est tellement à bout de patience qu’il risque de devenir violent (ce qui est pire pour le cerveau de l’enfant que d’être “endormi” devant un écran). Ou ceux où les alternatives sont vraiment limitées, comme lors des longs trajets de voiture pour les départs en vacances (pas la totalité du trajet, bien sûr, mais cela peut faire partie des activités proposées à l’enfant).

A tous ceux qui pensent qu’une demi-heure par jour de télé ce n’est pas beaucoup, sachez que cette demi-heure, additionnée, mettons pendant 15 ans, représente 456 journées d’école (de 6h). C’est-à-dire un peu plus de 3 années scolaires. Ne vaut-il pas mieux partager ce temps, cette “petite” demi-heure, avec votre enfant, et lui apprendre peu à peu à jouer en autonomie, en développant sa créativité et son imagination, plutôt que de laisser son cerveau en formation être “gavé” de ce que des marketeurs télévisuels ont décidé qu’ils programmeraient? Pour ceux qui douteraient de l’effet néfaste de la télé, je vous invite à lire ma chronique du livre “TV lobotomie”, c’est édifiant… (En résumé, TOUTES les études démontrent l’effet délétère de la télé.)

 

2. La solution “long terme”

La solution “long terme”, c’est de lâcher notre activité en cours pour répondre à la sollicitation de l’enfant et être en interaction avec lui.

parent-enfant-jouer

photo OpenClipart-Vectors/Pixabay

D’une part, cela lui prouve par des actes qu’on l’aime, qu’il est plus important pour nous que notre activité, même urgente ou importante. Son réservoir d’amour se remplit, son estime de soi se renforce, sa confiance en lui s’installe durablement.

D’autre part, son intelligence sociale se développe, et si le parent lui donne des idées, s’il aide son enfant à développer son imagination et sa créativité, rapidement l’enfant apprend à jouer seul.

S’il a des frères et sœurs, la présence du parent, initiant des jeux coopératifs ou simplement à plusieurs, ouvre la porte vers des temps de jeux entre frères et sœurs, de plus en plus longs. J’observe ainsi que mes deux aînés peuvent jouer ensemble pendant de longues heures d’affilée sans que j’aie besoin d’intervenir. Dès le réveil, ils se lancent dans des histoires avec leurs légos, leurs voitures, des personnages; ou ils se font des cabanes avec leurs couettes dans le salon. Ils passent visiblement du bon temps, et je peux vaquer à mes occupations de mon côté, en particulier passer du temps avec mon benjamin qui se trouve un peu exclu de ces histoires et qui a un peu moins d’entraînement à jouer seul (il n’a que 3 ans).

 

C’est une solution de long terme, car peu à peu, l’enfant apprend à jouer en autonomie, et le parent peut ainsi regagner du temps disponible pour d’autres tâches.

enfant jouer seul

photo Pezibear/Pixabay

Le secret: faire passer l’enfant en premier. Non, ça n’en fera pas un enfant gâté. Cela ancrera seulement en lui la certitude que ses parents l’aiment de manière inconditionnelle, et donc qu’il est une personne aimable, fondement de l’estime de soi et de la confiance en soi.

 

N’est-ce pas ce que vous recherchez? Elever un enfant qui deviendra un adulte avec une bonne estime de lui-même, qui a confiance en lui?

 

L’investissement c’est maintenant, pour quelques années.

Allez, le dossier urgent peut attendre 15 minutes, non? 15 minutes de bonheur partagé avec votre enfant, qui augmentent son QI relationnel, qui vous inondent tous les 2 d’endorphines (ce qui fait baisser le stress): ça les vaut bien, n’est-ce pas?

 

La seule condition, c’est d’y aller franchement. Pas à contre-cœur. Pas en comptant les minutes ou l’œil rivé sur l’horloge. La décision doit être prise en conscience: “je choisis de prendre du temps pour mon enfant, pour notre relation, pour son cerveau, pour son bien-être et le mien, pour lui enseigner peu à peu à jouer tout seul ou avec ses frères et sœurs.”

Parce que certaines fois, 5 minutes suffiront. Et d’autres, au bout d’une heure vous aurez le sentiment que ça pourrait durer encore longtemps.

L’important est de bien prévenir l’enfant quelques minutes avant la fin: “on a bien joué, bientôt je vais devoir aller préparer le dîner. Tu continues tout seul? Je suis juste là, à côté.” Vous restez quelques minutes, puis vous vous dirigez vers votre activité.

 

3. Et si l’enfant est vraiment TRES demandeur?

Quand l’enfant est très demandeur, soit il est en train de vivre une phase d’apprentissage ou d’acquisition importante, soit il couve une maladie (ou il s’apprête à sortir une dent), soit c’est sa nature profonde.

Dans ce dernier cas, n’hésitez pas à lui apprendre à lire rapidement pour qu’il puisse satisfaire seul sa grande soif d’apprendre.

enfant lire

photo StockSnap/Pixabay

Mais si c’est passager, réfléchissez un peu. Qu’est-ce qui a changé dans le quotidien de l’enfant récemment? Cherchez du côté du “nouveau”, même si cela vous semble positif. Il a un nouveau copain alors que votre enfant était jusque là plutôt solitaire? Cela peut générer beaucoup de tensions dans sa journée (les enfants peuvent être durs entre eux), et des émotions fortes. Ces tensions vont nécessiter beaucoup de temps avec son parent pour revisiter ce qu’il a vécu: par exemple, si son copain l’a poussé, alors il vous poussera pour observer votre réaction et savoir ainsi comment se comporter la prochaine fois que son copain le poussera.

Ce peut être aussi un changement négatif, l’impactant directement: perte ou casse d’un jouet ou d’un objet qu’il aime, difficultés à l’école ou à la crèche, mort d’un proche ou d’un animal de compagnie, déménagement, arrivée d’un bébé…

Enfin, ce peut être des difficultés que vous vivez vous, en tant que parents: tension au travail, chômage, problèmes de couple… Même si vous n’en parlez pas devant lui, il sentira un stress ambiant et pourra être temporairement demandeur simplement pour se rassurer.

Dans ces cas-là, lorsque vous pensez avoir mis le doigt sur une cause probable, échangez avec votre enfant pour tenter de le rassurer. Il doit d’abord bien exprimer ses doutes, ses émotions, son angoisse, sa tristesse, et vous devez accueillir tout cela en parlant le moins possible, simplement en le regardant et en validant ce qu’il ressent: “C’est normal de ressentir ça”. Lorsqu’il est un peu calmé, vous pouvez commencer à lui proposer une autre version de la réalité: son copain l’a peut-être rejeté aujourd’hui, et c’est normal qu’il en souffre. La réalité c’est qu’avec les copains, comme avec ses parents, des fois on est en colère, et on dit des choses qu’on ne pense pas, et le lendemain c’est oublié. Et même si l’amitié avec ce copain-là est définitivement perdue, ce qui est vraiment dur à vivre, la réalité c’est qu’il y a d’autres enfants qui sont pleins de nouveaux copains potentiels…

 

Et si vous ne trouvez pas de cause, ou si votre enfant ne vous dit rien, mais que son comportement “collant” ou “demandeur” vous laisse supposer qu’il y a quand même quelque chose qui cloche, n’hésitez pas à aller consulter un spécialiste de la relation parent-enfant: parfois on voit mieux les choses avec un œil extérieur…

 

 

En bref, chaque fois que vous tenterez de vous débarrasser de votre petit empêcheur de tourner en rond préféré par un “mais lâche-moi”, ou “va donc jouer tout seul”, ou encore “mais qu’est-ce que t’as, à toujours me coller?”, vous irez droit à l’échec: cris, tensions, hurlements… et votre petit sera toujours pendu à vos basques. Avec en prime des dégâts occasionnés à son cerveau: perte de confiance en lui et d’estime de soi…

Allez, en faisant cet enfant, vous imaginiez bien qu’il faudrait s’en occuper, n’est-ce pas? Vous verrez, ces quelques minutes de votre temps totalement consacrées à lui vous seront rendues au centuple. Quand il saura jouer plus longtemps tout seul, et aussi quand vous observerez votre enfant grandir, bien dans sa peau, à l’aise avec les autres, fort de l’assurance tranquille d’être profondément aimé de ses parents.

 

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Quand on est parent, on a des milliers de choses à faire. Urgentes. Alors quand on a un enfant qui ne nous lâche pas les baskets tant qu'on n'est pas assis à côté de lui à s'extasier de le regarder jouer, c'est... compliqué. Alors, comment faire?

Quand on est parent, on a des milliers de choses à faire. Urgentes. Alors quand on a un enfant qui ne nous lâche pas les baskets tant qu’on n’est pas assis à côté de lui à s’extasier de le regarder jouer, c’est… compliqué. Alors, comment faire?

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4 commentaires sur “« Rhâââ… Pas tout de suite! » : Que faire quand mon enfant est très demandeur?”

  1. Bonjour Caroline

    Je te remercie pour ton article, très intéressant.
    C’est sûr trouver le bon rythme pour amener l’autonomie de son enfant, tout en pouvant avancer dans les tâches que l’on fait est essentiel.

    Je le vois bien quand on est parent entrepreneur, et que l’on souhaite travailler à la maison.
    Cela devient une question de nécessité.

    Passer 10 minutes avec son enfant pour le laisser jouer seul, pour pouvoir avancer comme on le souhaite.
    Sinon on peut arriver à ressentir une frustration forte et le plaisir de jouer avec son enfant peut vite devenir un calvaire.

    Au plaisir
    Evan

    1. Merci pour ce commentaire! Pas facile de trouver le juste équilibre, surtout quand on travaille à la maison! Et en même temps c’est un tel privilège de pouvoir profiter de tous ces instants de vie qui ne reviendront jamais…

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