Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent – Faber et Mazlish

Bonjour!

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent”: tout un programme qu’Adele FABER et Elaine MAZLISH nous ont concocté en 1980 et qui reste toujours d’actualité.

Faber&Mazlish

Ce livre est vraiment précieux pour moi car il est très concret: son objectif n’est pas de nous expliquer pourquoi nos chers petits agissent comme ils le font, mais bien plutôt de nous donner des outils pour pouvoir gérer les cris, les crises, l’opposition, les répétitions… sans nous énerver.

Paru en anglais, la traductrice a souhaité utiliser le mot “habileté” pour traduire l’anglais “skill”, qui décrit ces compétences que l’on acquiert par l’exercice ou l’entraînement.

Je trouve ce mot judicieux car il souligne ce que rappellent les auteurs en première ligne de leur ouvrage, et qui est tellement vrai: “J’étais une mère merveilleuse avant d’avoir des enfants.

Personne n’est “naturellement” compétent pour élever un enfant avec bienveillance, de la même manière que personne ne sait “naturellement” comment se comporter quand un judoka ceinture noire lui fait une prise de judo.

Tous les parents font donc des erreurs “de débutant” qui laisseront des traces durables dans le développement de leur enfant, le plus souvent sans même s’en rendre compte. Je dis “de débutant” car même si l’on est parent de 3 enfants, et que l’on peut avoir repéré certains “schémas”, tant que l’on n’a pas appris à les gérer de manière efficace, on va retomber dans les mêmes scénarios (il crie, je crie, tout le monde hurle et la bienveillance s’envole). J’aime bien l’image avec le judo: si personne ne nous apprend comment se positionner, quels gestes faire et dans quel ordre, un judoka ceinture noire pourra nous faire la même prise 100 fois avec toujours le même résultat.

Heureusement, ce livre vient nous enseigner les bases d’une éducation respectueuse, avec de nombreux exercices et “devoirs” que nous allons pouvoir réaliser avec notre enfant. Les auteurs nous fournissent de plus quantité d’exemples, de témoignages et de mises en situations, ce qui rend la lecture très riche. Cela a également pour effet de rassurer le lecteur sur le fait que les problèmes qu’il rencontre avec son enfant sont en réalité bien plus communs qu’il ne croit.

Mais tout de suite, commençons:

 

1. Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments

Ô surprise, les enfants ont des sentiments. lls ont froid ou chaud, se sentent tristes ou en colère… Et souvent, nous, les adultes, nions ces sentiments. Non pas parce que nous sommes méchants ou insensibles, mais parce que NOS sentiments à nous sont différents dans la même situation.

Par exemple, nous sommes au parc et mes enfants jouent au loup. Tout à coup l’un d’eux, essoufflé, s’approche: “maman, j’ai chaud, je peux enlever mon pull?”. Moi, naturellement frileuse, je suis en train de me geler sur le banc. Ma réponse naturelle sera: “Ca ne va pas, non? Il fait super froid! Garde ton pull!”. Mon enfant se met à gémir “Mais maman…”

Autre exemple, mon enfant, la lèvre tremblante et les larmes aux yeux, me dit que son meilleur copain ne veut plus être son ami. Il semble bouleversé mais je balaie ça d’un “Bof, tu t’en fiches, il est nul de toutes façons. Tu vas te faire plein d’autres amis!”. Mon enfant s’en va, mais 15 secondes plus tard, une “catastrophe” arrive (il tombe, son frère le tape, etc…) et je le retrouve secoué de sanglots.

Pour bien comprendre pourquoi nos enfants ne se calment pas par magie quand on leur demande de le faire, rien ne vaut l’expérience suivante:

Imaginez que vous êtes au travail, avec une journée chargée devant vous. Votre patron débarque, pose un dossier sur votre bureau en vous demandant de le traiter en urgence. Vous décidez de vous en occuper dès votre tâche en cours terminée, mais un coup de fil puis d’autres urgences vous le font oublier. Vous travaillez toute la journée d’arrache-pied, sans même prendre de pause déjeuner, et au moment de partir le soir, votre patron vous aborde en présence de collègues pour réclamer son dossier. Conscient de votre oubli, vous tentez de lui expliquer que vous avez été débordé, mais il vous coupe la parole: “Tes excuses ne m’intéressent pas! Pourquoi crois-tu que je te paie? Pour rester assis sur ton cul toute la journée?”. Vous ouvrez la bouche pour répondre mais il ajoute: “Ne gaspille pas ta salive!” avant de s’éloigner. Vos collègues font semblant de n’avoir rien entendu. En sortant du bureau, vous rencontrez un ami et vous êtes encore si bouleversé que vous lui racontez ce qui vient d’arriver.

L’exercice consiste à écrire ce que l’on ressentirait selon les réponses de cet ami:

  • déni: “Il n’y a aucune raison de se sentir aussi bouleversé, tu fais toute une histoire de pas grand-chose. Allons, souris, le sourire te va si bien.”
  • philosophe: “Ecoute, c’est la vie. Rien n’est parfait, ce genre de chose arrive, il va falloir t’y faire.”
  • conseil: “Tu sais ce que tu devrais faire? Demain matin, tu vas voir ton patron et tu lui demandes des excuses.”
  • questions: “Tu avais fait ce qu’il avait demandé? Tu as essayé de lui parler? Les gens n’ont pas pris ta défense?”
  • avocat: “Je comprends ton patron, il subit beaucoup de pression. Tu as de la chance qu’il ne perde pas patience plus souvent!”
  • pitié: “Ah! pauvre de toi! C’est terrible! Je me sens si triste pour toi que ça me donne envie de pleurer.”
  • psy: “Se peut-il que la véritable raison pour laquelle tu es si bouleversé, c’est que ton patron représente une figure paternelle? Ca réveille en toi des peurs de rejet, pas vrai?”
  • empathique: “Eh bien, j’ai l’impression que c’était une expérience pénible. Se faire attaquer, comme ça, devant tes collègues, surtout après avoir subi autant de pression, c’était sûrement très difficile!”

En général, seule la dernière réponse permet de se sentir moins bouleversé et de commencer à trouver des solutions par soi-même.

C’est la même chose pour nos enfants. Quand ils sont bouleversés par une émotion, la méthode la plus efficace pour les aider à se calmer et à trouver leurs propres solutions est la suivante:

a) Ecouter avec toute notre attention

Donner toute notre attention à l’enfant, c’est déjà lui apporter une source de réconfort. C’est également pour le parent le meilleur moyen de décrypter les signaux non verbaux, comme la lèvre qui tremble, la respiration hachée, les joues rouges ou les yeux qui se mettent à briller de larmes. Celui permet aussi d’enregistrer les mots que l’enfant utilise, et le ton qu’il emploie. S’il dit “ma maîtresse est nulle” d’une toute petite voix, ou “MA MAITRESSE EST NULLE!!!” en hurlant, ce n’est pas la même émotion qui parle.

b) Accueillir les sentiments avec peu de mots (Oh! Hum! Je vois…)

Accueillir les sentiments, sans chercher à les nommer trop vite, permet à l’enfant de “vider” le trop plein. Cela lui permet aussi de clarifier ce qu’il ressent, et même de nommer lui-même son sentiment!

c) Nommer les sentiments

Mettre des mots sur ce que l’enfant ressent l’aide à se dresser sa carte des émotions, et à rester en contact avec elles, ce qui lui sera utile toute sa vie. Cela a également un pouvoir calmant presque magique. C’est cependant un exercice qui peut s’avérer très compliqué lorsque soi-même, enfant, on n’a pas appris à reconnaître ses émotions. Il va donc falloir s’entraîner, et s’attendre à se tromper. Heureusement, l’enfant, par sa réponse ou par son comportement, nous remettra vite sur le bon chemin!

d) Utiliser l’imaginaire pour leur offrir ce qu’ils désirent

Lorsque l’enfant est sujet à une frustration (ce qui arrive TRES souvent dans notre monde de consommation actuel), l’imaginaire est un outil puissant pour abaisser cette frustration à un niveau gérable pour l’enfant. Le cerveau humain ne faisant pas la distinction entre le monde réel et le monde imaginaire, “donner” à l’enfant un “air gâteau” peut vraiment transformer une crise en jeu joyeux en quelques secondes.

Ces 4 habiletés permettent à elles seules de changer la vie des familles, en passant d’un quotidien de conflits, de crises ou de cris à des journées globalement beaucoup plus sereines et joyeuses. Elles sont la fondation des habiletés suivantes:

 

2. Susciter la coopération

“Va te laver les dents”, “Range ta chambre”, “Débarrasse ton assiette”, “Va faire tes devoirs”, “Tire la chasse d’eau”… Autant de sujets où le conflit peut vite s’envenimer entre un parent et son enfant!

Pour susciter la coopération, les parents utilisent en général une ou plusieurs des méthodes classiques suivantes. Les auteurs nous invitent à lire les phrases comme si nous étions l’enfant à qui elles s’adressent, et à analyser notre ressenti à chaque fois.

  • blâmer et accuser: “Tu as encore…”, “Pourquoi fais-tu toujours ça?”, “Qu’est-ce qui te prend?”, “Pourrais-tu faire les choses correctement pour une fois?”, “Combien de fois faudra-t-il te dire de…?”, “Ce qui ne va pas chez toi, c’est que tu n’écoutes jamais”
  • lancer des injures: “Comme tu peux être bête!”, “C’est vraiment ridicule ce que tu fais là.”, “Laisse-moi faire, tu es nul.”, “Tu es dégoûtant!”, “Regarde sous la table, quel cochon!”
  • menacer: “Touche encore cette lampe et tu vas recevoir une claque!”, “Si tu ne recraches pas ce chewing-gum tout de suite, je vais t’ouvrir la bouche et te le retirer moi-même!”, “Si tu n’es pas prêt à 3, je m’en vais!”
  • donner des ordres: “Nettoies ta chambre immédiatement!”, “Dépêche-toi de venir m’aider!”, “Tu n’as pas encore fait ce que je t’ai demandé? Grouille-toi, et que ça saute!”
  • sermonner, faire la morale: “Penses-tu que c’était gentil de faire ça? Tu n’aimerais pas qu’on te le fasse, n’est-ce pas? Il faut faire aux autres ce qu’on voudrait qu’ils nous fassent.”
  • donner des avertissements: “Fais attention! Tu vas te brûler.”, “Sois prudent! Tu vas te faire renverser par une voiture!”, “Ne monte pas là! Tu veux vraiment tomber?”, “Mets ton pull, tu vas prendre froid.”
  • jouer les martyrs: “Vous allez me rendre dingue!”, “Tu vois ces cheveux blancs? C’est à cause de toi, tu vas me tuer avec ton comportement.”
  • faire des comparaisons: “Ton frère, lui, au moins, il m’aide.”, “Ta copine Charlotte est toujours tellement bien habillée.”, “Tu ne peux pas être sage comme ta sœur?”
  • faire des remarques sarcastiques: “Tu as oublié ton cahier avec les devoirs pour demain? Très intelligent, vraiment!”, “C’est “ça” que tu vas porter aujourd’hui? Eh bien, tu devrais recevoir beaucoup de compliments aujourd’hui!”
  • faire des prédictions: “Tu m’as menti, tu sais ce que tu vas devenir? Quelqu’un en qui personne ne pourra avoir confiance.”,  “Continue à être égoïste, tu n’auras pas d’ami.”, “Tu n’arrêtes pas de te plaindre, ah, je te vois dans dix ans, toujours en train de te plaindre!”

Lorsque nous lisons ces phrases, en nous mettant dans la peau de l’enfant à qui elles seraient adressées, il est bien rare que le sentiment éprouvé permette la coopération. En écoutant ces phrases, nous ressentons plutôt de la colère, de la rébellion, de la frustration, de l’agacement, de l’humiliation ou encore de la peur, de la tristesse, de la culpabilité, du dégoût de soi-même ou de l’impuissance.

Ces petites phrases, que l’on s’entend trop souvent dire, qu’on a entendues dans notre enfance, ne sont pas efficaces pour susciter la coopération. A la place, Adele Faber et Elaine Mazlish nous proposent les 5 habiletés suivantes:

a) Décrire ce que l’on voit ou décrire le problème

La description du problème permet souvent à l’enfant de prendre conscience du problème, et de trouver une solution par lui-même: “la lumière de la salle de bain est restée allumée”, “des miettes sont tombées sous la table”, “les livres sont étalés par terre à côté de la bibliothèque”.

b) Donner des renseignements

Les enfants agissent, beaucoup plus souvent qu’on ne le pense, non pas par mauvaise volonté, mais par manque d’information. Leur donner des renseignements sur les conséquences d’une situation les aide habituellement à découvrir ce qui doit être fait. Par exemple: “le lait tourne quand on le laisse hors du frigo”, “ça rendrait vraiment service si la table était mise”, “jouer au ballon dans un appartement gêne les voisins du dessous”.

Attention, les renseignements doivent être adaptés à l’âge de l’enfant et à ses connaissances, sinon il risque fort d’y voir un sarcasme.

c) Utiliser un mot plutôt qu’une phrase

Nous avons souvent tendance à faire de longues phrases pour rappeler aux enfants quoi faire, et pourquoi ils doivent le faire. Lorsqu’ils connaissent la consigne, un simple mot de rappel peut être beaucoup plus efficace: “Pyjama” quand vient le soir, “Casquette” quand ils sortent de la piscine, “ton goûter” au moment de partir de la maison pour l’école…

d) Parler de nos sentiments

Il s’agit d’éviter le “tu” et d’utiliser un message “je”. “Je n’aime pas me faire tirer par la manche”. “Je suis furieuse quand je vois le livre déchiré”. “Je n’ai pas envie d’entendre la musique aussi fort, peux-tu baisser le son ou aller l’écouter dans ta chambre?”.

L’objectif est d’exprimer à l’enfant notre désaccord, notre irritation ou notre colère, sans l’attaquer. Car alors il sera plus enclin à coopérer.

e) Ecrire une note

note

Photo cromaconceptovisual/Pixabay

Parfois, une note, sur un ton humoristique, peut être une solution lorsque les répétitions ne fonctionnent plus. Une note au-dessus du lavabo signée “l’évier bouché” pour qu’une fille pense à ôter ses cheveux, un avion en papier donnant la consigne de ranger après le jeu, une affiche sur la porte de la chambre des parents pour demander une grasse matinée… Autant d’exemples où la note a produit son effet.

Ces 5 habiletés devraient permettre d’augmenter très significativement le niveau de coopération des enfants, même s’il faut bien avoir à l’esprit qu’il n’y a pas de solution miracle qui fonctionnera à chaque fois. D’ailleurs, l’objectif n’est pas de “forcer” les enfants à coopérer, en les manipulant, mais bien plutôt de les encourager à le faire, en instaurant un climat de confiance et de respect en leur intelligence et leur capacité à être sensible aux besoins des autres.

Il est toutefois bon d’insister sur 2 points:

  • d’une part, le ton et l’attitude du parent doivent faire passer à l’enfant le message suivant: “En réalité, tu es une personne aimable et capable. Pour le moment, un problème a besoin d’être réglé. Une fois que tu en auras pris conscience, tu vas probablement réagir de façon responsable.” (au lieu de “Fondamentalement, tu es irritant et maladroit. Tu fais toujours les choses de travers et ce dernier incident est une preuve de plus de ton inaptitude.”)
  • d’autre part, il est indispensable d’être authentique: si le parent essaie d’être patient alors qu’il bout intérieurement, l’enfant n’a pas la possibilité de percevoir cette colère, signal que les bornes du parent sont dépassées. Il risque donc de ne pas réagir de manière appropriée, et le parent a de grands risques d’exploser alors justement qu’il voulait rester patient et bienveillant. Quand nous éprouvons de la colère, c’est un signal dont il faut tenir compte, et nous facilitons vraiment la relation lorsque l’autre est informé de cette colère. Pour prendre un exemple, c’est un peu comme si nous caressions un chat, qui semble tout calme et tout tranquille, et qui tout à coup nous met un coup de patte et nous griffe au sang. Nous ne comprenons pas! Alors que s’il se hérisse et se met à cracher, nous comprenons que notre caresse n’est pas la bienvenue, nous cessons et le coup de griffe est évité.

 

3. Remplacer la punition

Il n’est pas facile de sortir des vieux schémas. Et parfois, même en utilisant toutes nos nouvelles habiletés, nos enfants ne coopèrent toujours pas, ils défient notre autorité. Dans ce cas-là, nous n’avons en général qu’une ressource, celle de la punition.

Nous punissons nos enfants généralement dans l’espoir qu’ils “apprennent la leçon”, et qu’ils ne reproduisent plus le comportement que nous leur reprochons. Nous avons l’impression que c’est la seule chose qu’ils comprennent, et que s’il n’y avait plus de punition, ce serait la porte ouverte à toutes les bêtises imaginables.

Mais si nous cherchons à nous souvenir de ce que nous ressentions, enfant, lorsque nos parents nous punissaient, nous évoquons en général plutôt des sentiments de colère, d’injustice, de culpabilité, ou encore de volonté de recommencer mais “sans se faire prendre”.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’au lieu d’amener l’enfant à regretter ce qu’il a fait et à réfléchir aux façons de s’amender, la punition déclenche des désirs de vengeance. Il est bien plus efficace de mettre l’enfant en face des conséquences de son comportement, et de l’aider à réfléchir comment y faire face, plutôt que de le punir.

Concrètement, voici 7 suggestions pour remplacer la punition:

a) Indiquer à l’enfant une façon de se rendre utile

Bien souvent, l’enfant se comporte “mal” (pas comme on le voudrait) parce qu’il s’ennuie. Lui confier des missions, des tâches où il se sent utile, permet alors de supprimer le comportement gênant.

b) Lui exprimer fortement notre désaccord (sans attaquer sa personnalité)

De la même manière qu’un chat prévient avant de griffer, il est bon de prévenir l’enfant qu’il est en train de dépasser les bornes. L’important est de bien formuler notre désaccord en message “je”. L’enfant doit entendre: “je t’aime toi, c’est ce que tu as fait que je n’aime pas, et je m’attends à ce que tu t’en occupes.”

c) Formuler nos attentes

Nous avons souvent tendance à imaginer que nos enfants savent ce que l’on attend d’eux. Mais parfois, pris dans leurs jeux, dans leur monde, ils n’en ont aucune idée, même si on leur a répété 100 fois la consigne.

d) Lui montrer comment redresser la situation

Il s’agit de l’aider à faire face aux conséquences de ses actes, et à trouver des solutions pour éviter de se trouver à nouveau dans la même situation. Il s’agit donc d’un apprentissage particulièrement important: “Le scotch est là, tu peux recoller la page déchirée”, “si tu tiens le verre avec 2 mains, il a moins de chance de se renverser”.

e) Lui offrir des choix

Lorsqu’un enfant agit de façon différente de ce que l’on voudrait, nous pouvons lui offrir des alternatives qui nous conviennent. Le fait de lui offrir un choix permet de limiter le sentiment d’obligation qu’il pourra ressentir, et donc de faciliter son adhésion à l’un des choix proposés.

f) Passer à l’action

Il s’agit là d’agir pour que l’enfant puisse se retrouver face aux conséquences de son comportement, surtout si les méthodes précédentes n’ont pas produit d’effet durable. Par exemple, l’enfant continue de courir partout au supermarché, bien que nous lui donnions des missions, que nous lui ayons répété plusieurs fois que nous voulions qu’il marche à côté de nous, et que nous lui ayons donné le choix de marcher ou de rester dans le caddie. Le passage à l’action consiste à ne pas l’emmener au supermarché la fois suivante, et s’il demande pourquoi, de répondre: “dis-moi pourquoi?”. L’enfant saura et se retrouvera donc en situation de devoir assumer les conséquences de son comportement.

g) Utiliser la résolution de problème

Parfois, après de multiples essais, nous nous retrouvons dans une sorte d’impasse où l’enfant continue d’agir d’une manière qui ne nous convient pas. Les auteurs préconisent alors d’utiliser une méthode de résolution de problème en 5 étapes:

  • d’abord, parler des sentiments et des besoins de l’enfant: “je me dis que ce doit être difficile pour toi de quitter tes amis quand vous jouez ensemble”
  • puis, parler de nos propres sentiments et besoins: “et en même temps, je suis inquiète quand tu rentres tard”
  • faire ensemble un brainstorming pour trouver une solution mutuellement acceptable: “réfléchissons à des idées qui nous conviendraient à tous les 2”
  • écrire toutes les idées, sans les évaluer
  • choisir ensemble celles que l’on aime, celles que l’on n’aime pas, et celles que l’on va tester

La résolution de problème suppose que l’on cesse de percevoir l’enfant comme le problème à corriger, mais bien plutôt comme une partie de la solution. Cette méthode nécessite toutefois un certain cadre:

  • le parent doit être calme, ouvert et prêt à accueillir tout ce qui viendra, sans jugement, sans chercher à convaincre: la résolution de problème se fait donc toujours “à froid”, et avec du temps devant soi;
  • l’enfant doit être disposé à parler du problème avec calme: il faut donc choisir un moment qui est bon pour lui;
  • le parent doit toujours commencer par les sentiments et besoins de l’enfant, en prenant autant de temps que nécessaire pour que l’enfant sente que le parent prend réellement la mesure de ce qu’il ressent; en revanche, la description des sentiments et besoins du parent doit être courte et précise car il est pénible pour l’enfant d’écouter son parent décrire ses émotions négatives en détail;
  • lors de la recherche de solutions, où l’on invite l’enfant à parler en premier, la phrase-clé c’est “on écrit toutes les idées”, même si elles ne nous conviennent franchement pas ou sont impraticables;
  • dans la phase suivante, l’objectif est de faire le tri entre les idées, en insistant sur son ressenti plutôt qu’en émettant un jugement de valeur: “je ne me sens pas à l’aise avec cette idée” plutôt que “cette idée est nulle”; de même, si l’enfant conteste une idée au motif que le parent “ne fait jamais…” ou “dit toujours…”, il faut lui rappeler qu’on est là pour trouver une solution pour l’avenir, pas pour ressasser le passé;
  • lorsqu’une idée est validée par le parent et l’enfant, il s’agit de préciser la mise en action de l’idée: qui, quand, comment. L’objectif est que la solution soit très concrète et surtout, bien claire entre l’enfant et le parent.

Cette méthode, qui semble plutôt réservée aux enfants plus âgée, peut cependant être appliquée même à des petits enfants: les auteurs racontent ainsi des retours d’expérience avec des enfants de 2 ans, 3 ans et demi et 5 ans!

Elles évoquent également des pistes lorsque l’enfant refuse de rechercher une solution (la commencer par écrit et lui donner), lorsque la solution a fonctionné un moment puis que le problème surgit à nouveau (recommencer le processus autour de cette solution finalement peut-être pas si bonne), voire lorsque nous ne trouvons pas de solution (cela arrive lorsque le problème est compliqué; la consolation est qu’au moins à la fin du processus le parent et l’enfant se comprennent mieux).

 

4. Encourager l’autonomie

Tous les livres sur l’éducation le disent: les parents sont là pour guider leur enfant vers l’autonomie, pour qu’ils puissent un jour voler de leurs propres ailes.

Et d’ailleurs, nous les parents, sommes souvent les premiers à soupirer: “vivement qu’il marche”, “vivement qu’il sache manger tout seul”, “vivement qu’il sache lire”…

De son côté, l’enfant ne demande qu’à apprendre! Vers 2-3 ans, arrive un moment où il veut tout faire TOUT SEUL! Et son parent, amusé, le laisse faire… pendant quelques secondes, voire quelques minutes. Mais comme c’est la première fois pour l’enfant, il n’y arrive pas et il s’énerve, ou pas très vite et là c’est le parent qui s’énerve; et tout à coup voilà le parent qui prend les choses en main, déclenchant la fureur de l’enfant privé d’une occasion d’apprentissage.

C’est frustrant pour l’enfant comme pour le parent, mais l’autonomie de l’enfant passe par toute une série d’apprentissages qui prennent du temps pour être maîtrisés. Pour l’aider, les auteurs nous proposent 12 habiletés:

a) Présenter des choix à l’enfant

La vie est faite de choix. Permettre à l’enfant de s’exercer à choisir entre différentes options est un excellent moyen d’encourager son autonomie, tout en lui donnant une compétence très utile pour plus tard: “Tu préfères le pull bleu ou la veste verte?”, “Tu prends ta douche avant ou après le dîner?”, “Tu as 30 minutes pour te préparer et faire ton petit-déjeuner; par quoi commences-tu?”

b) Montrer à l’enfant que l’on respecte ses efforts

Ce qui nous semble facile EST compliqué pour l’enfant qui le réalise pour la première fois. Souligner que l’on est conscient de l’effort réalisé par l’enfant lui permet de se sentir valorisé, et surtout l’encourage à poursuivre ses efforts.

“C’est difficile de mettre son pull tout seul. Ça peut aider de passer la tête en premier.”

c) Ne pas lui poser trop de questions

On a tous envie de savoir comment s’est passée la journée de notre enfant, ce qu’il a mangé, avec qui il a joué, s’il a été heureux ou malheureux… Mais trop de questions le mettent sur la défensive, et on risque fort d’obtenir un simple “ch’ais pas” en guise de réponse. L’accueillir avec un simple “Bonsoir, je suis content de te voir!” envoie le signal à l’enfant que l’on est prêt à l’écouter, s’il veut parler.

d) Ne pas répondre trop vite à ses questions

Encourager l’enfant à chercher les réponses par lui-même est le meilleur cadeau que l’on puisse lui faire pour plus tard. C’est une vraie compétence utile que de savoir aller chercher les réponses plutôt que de se contenter d’attendre qu’elles arrivent. On peut donc répondre: “c’est une bonne question, qu’en penses-tu?”

e) L’encourager à utiliser des ressources extérieures au foyer

Parfois, nous avons les réponses, parfois non. Encourager l’enfant à chercher d’autres ressources pour trouver ses réponses est également un formidable cadeau qu’on lui fait, à une époque où le monde change si vite que le métier qu’ils feront demain n’existe peut-être pas encore. Cela permet également de lui montrer que l’on ne sait pas tout, mais que ce n’est pas un problème dans la mesure où l’on sait auprès de qui chercher.

f) Ne pas supprimer l’espoir

Régulièrement, l’enfant va se lancer dans une tâche, dans une activité, ou avoir un rêve, qui sera trop grand pour lui. Le briser dans son élan en lui expliquant par A+B que c’est impossible est le meilleur moyen de limiter son enfant, de réduire ses capacités, et surtout d’augmenter sa dépendance. C’est, de mon point de vue, une des pires choses que l’on puisse faire à un enfant. Car QUI décide si c’est possible ou non? De tous temps, des femmes et des hommes ont réussi des exploits que d’autres jugeaient impossibles. Alors, laissons nos enfants rêver… et peut-être nous surprendre!

g) Lui laisser gérer son intimité physique

Lui redresser les épaules, épousseter ses vêtements, rentrer son chemisier dans sa jupe, arranger son col… peuvent être passablement agaçants pour l’enfant et ne l’aident pas à être autonome.

h) Ne pas se mêler des détails de sa vie

Pour tout ce qui le concerne directement, lâchons-lui les baskets! Il peut disposer de son argent de poche comme il l’entend (si le parent n’est pas prêt à faire ça, pourquoi lui donner de l’argent de poche?), se coiffer comme il préfère, et choisir ses vêtements du moment qu’ils sont appropriés au temps qu’il fait.

i) Ne pas parler “sur” l’enfant en sa présence, quelque soit son âge

Ce peut être une manière adroite de complimenter son enfant mais il ne faut pas en abuser car l’enfant est traité comme un objet et non pas comme un être à part entière.

j) Laisser l’enfant répondre

Dès lors qu’il est capable de répondre à la question, pourquoi le faire à sa place? Même si la question nous est posée à nous, l’adulte, si l’enfant est présent et que ça le concerne, on peut tout à fait répondre: “Jean est capable de vous le dire. C’est lui qui le sait.”

k) Montrer notre confiance en l’enfant

Parfois l’enfant veut absolument faire quelque chose, mais il n’est physiquement ou émotionnellement pas prêt à le faire. Il veut nager comme les grands mais il a peur de l’eau, elle veut cesser de sucer son pouce mais elle trouve qu’il a bon goût quand elle est fatiguée…

C’est source de beaucoup de frustration pour l’enfant comme pour le parent, qui peut rassurer l’enfant en lui témoignant sa confiance en l’avenir: “quand tu seras prêt, tu iras à l’eau”, “je ne m’en fais pas, un jour tu seras assez grande pour…”

l) Ne pas abuser du mot “non”

Lorsque le parent dit non, l’enfant se met à crier, à faire des crises, à lancer des injures, à le bombarder d’un déluge de “Pourquoi pas? Tu es méchant-e! Je te déteste!”. Alors bien sûr, la solution n’est pas de dire oui à tout. Mais on peut considérablement diminuer le nombre de fois où l’on dit non:

  • on peut donner des renseignements à l’enfant: “je peux aller jouer dehors?” => “tu es en pyjama et nous allons bientôt passer à table”
  • on peut accueillir ses sentiments: “je veux rester au parc!” => “c’est difficile de quitter un endroit que tu aimes vraiment”
  • on peut décrire le problème: “tu veux absolument des céréales; le problème, c’est que je n’en ai plus, que nous sommes dimanche et que les magasins sont fermés”
  • on peut dire oui chaque fois que possible: “oui, après le dîner”, “oui, demain”, “oui, dès que tu auras fini tes devoirs”…
  • on peut enfin se donner le temps de réfléchir: “laisse-moi y penser”

Grâce à ces postures face à l’enfant, le parent l’aide à construire son autonomie. Mais l’autonomie, c’est aussi beaucoup de confiance en soi, et cette dernière peut être boostée par les compliments:

 

5. Utiliser les compliments

Même si nous privilégions malheureusement souvent les critiques, nous sommes habitués à complimenter nos enfants sous forme de jugements de valeur: “c’est beau”, “c’est bien”, “ce dessin est magnifique”, etc… Mais bizarrement, ces compliments semblent glisser sur eux, la plupart du temps. Nous cherchons à faire plaisir à l’enfant, et le voilà qui balaie notre “c’est magnifique” par un “non, c’est nul”.

Les auteurs proposent d’utiliser une autre façon de complimenter:

a) Décrire ce que l’on voit

“Waouh! Tu as choisi du rouge, et puis du jaune, avec un peu de vert, et tu as colorié sans dépasser les bords!” L’enfant, ravi, peut alors se complimenter lui-même: “Ouais! Je suis un artiste!”

b) Décrire ce que l’on ressent

“C’est un plaisir de contempler ce dessin!”, “Je suis ravie de voir la table mise pour le repas!”

c) Résumer en un mot le comportement objet du compliment

“Je vois une chambre où du travail a été fait: les livres sont sur l’étagère, les voitures dans la caisse, le lit est fait… J’appelle cela de l’organisation!”

Cette manière de complimenter demande un peu plus d’attention qu’un simple “oh, c’est beau” distrait et automatique, mais elle permet vraiment d’affermir l’estime de notre enfant, de façon profonde. On peut balayer un “tu es un gentil garçon” par un “tu es insupportable” le lendemain. Mais une maman qui dit, visiblement impressionnée: “Tu as pensé à arroser les fleurs! J’appelle cela prendre des initiatives” est un souvenir qui restera gravé dans la mémoire de l’enfant; toute sa vie il se considèrera comme capable de prendre des initiatives.

Toutefois, pour utiliser correctement cette méthode du compliment descriptif, quelques précautions s’imposent:

  • faire attention à l’âge de l’enfant: complimenter l’enfant pour une chose qui est vraiment facile pour lui n’a pas de sens; le compliment doit être authentique;
  • éviter les faux compliments qui soulignent un échec du passé ou qui comparent avec un autre enfant: les tourner de manière à porter sur les forces actuelles de l’enfant;
  • des compliments trop insistants peuvent être perçus comme une mise sous pression: l’enfant pense: “Oh là là, il faut que je me montre à la hauteur maintenant!”;
  • enfin, le compliment descriptif est un outil hautement efficace pour inviter à la répétition et stimuler l’effort: il faut donc s’attendre à voir l’enfant répéter souvent l’activité que l’on décrit avec admiration (attention à l’usage que l’on en fait!).

Pour booster la confiance en soi de notre enfant, on peut remplacer également le “je suis fière de toi”, qui nous ramène à nous, par “tu dois être fier de toi” qui permet à l’enfant de goûter pleinement sa réussite. Et surtout, face à l’échec, nous pouvons l’aider grandement en considérant, pour lui comme pour nous, que les erreurs font partie du processus d’apprentissage. Personne n’a jamais su marcher sans d’abord tomber plusieurs fois. Personne n’a réussi à écrire sans une faute d’orthographe du premier coup. C’est d’ailleurs en se trompant que l’on progresse!

 

6. Aider les enfants à se libérer des rôles qui les empêchent de s’épanouir

“Quelle tête de mule!”, “Ce que tu es maladroit mon pauvre”, “Elle fait sa timide”… Nous avons vite fait de cataloguer nos enfants dans des rôles qui les empêchent de s’épanouir. Des études ont montré à quel point ces prédictions se réalisent. Si un enseignant pense qu’un enfant est lent, dans son comportement, ses gestes, ses mimiques, il enverra à l’enfant le signal qu’il est lent. Et l’enfant sera lent!

Prendre conscience de l’effet délétère d’une étiquette est déjà un grand pas; l’étape suivante est en général la prise de conscience des étiquettes que l’on donne à son enfant. On s’entend le traiter de têtu, de grognon, de gourmand… Reste alors à cesser de l’enfermer puis à l’aider à se libérer. Pour cela, les auteurs proposent les actions suivantes:

a) Rechercher des occasions pour lui présenter une nouvelle image de lui-même

Même si nous avons catalogué notre enfant comme timide, têtu ou chouineur, il y a forcément des occasions où il est au contraire très sociable ou extraverti, flexible et patient, ou encore joyeux. Il s’agit alors de souligner ces moments-là: “je vois que tu as fait preuve de beaucoup de patience avec ta petite sœur.”

b) Le placer dans des situations qui lui permettent de se voir d’un œil différent

Chaque fois que nous identifions qu’un enfant est entré dans un rôle, nous pouvons faire l’exercice d’identifier les côtés positifs de ce rôle. Et surtout, nous pouvons proposer à notre enfant de jouer un rôle inverse dans certaines situations. Cela demande du temps et de l’attention, mais sortir son enfant d’un rôle limitant peut vraiment avoir un effet sur sa vie entière.

c) Faire en sorte qu’il nous entende dire des choses positives à son sujet

Voilà un cas où parler “sur” l’enfant en sa présence est utile. L’idée est de faire en sorte que cela soit subtil, par exemple lorsque nous savons que l’enfant entend notre conversation téléphonique et que nous glissons un : “Sais-tu? Il a tenu son bras bien droit, même si le vaccin lui faisait mal”

d) Lui donner l’exemple du comportement que l’on cherche à lui inculquer

Un enfant est câblé pour apprendre essentiellement par imitation; un bon moyen d’obtenir qu’il se comporte comme on le souhaite est de lui en montrer l’exemple: “C’est pénible de perdre, mais je vais quand même être bon joueur. Félicitations!”

e) Etre le coffre au trésor de ses bons coups

coffre-au-tresor

Photo Pezibear/Pixabay

Même étiqueté depuis longtemps, un enfant, heureusement, ne se comporte pas toujours comme le suggère son étiquette. Le parent peut donc faire appel à sa mémoire pour lui rappeler toutes ces fois où il s’est comporté autrement, où il a été capable, fort, intelligent, joyeux, rusé…

f) Quand son comportement reflète l’ancienne image qu’il avait de lui-même, lui exprimer nos attentes ou nos sentiments

Un enfant est parfois resté plusieurs années dans un rôle, il n’en sortira pas en 2 jours. Il est donc probable qu’il retombe dans ses anciens travers à un moment ou à un autre. Le plus simple est de parler de nos sentiments: “Je suis triste que tu dises ça” ou de rappeler nos attentes: “je m’attends à ce que tu sois poli avec nous.”

Aider un enfant à sortir d’un rôle qui l’enferme n’est pas facile, ni pour lui, ni pour le parent. Il faut pour cela s’appuyer sur les différentes habiletés vues dans les premiers chapitres.

Mais il ne faut jamais sous-estimer la capacité de changement et d’évolution d’un enfant, lorsqu’on lui donne la possibilité de s’épanouir dans un cadre respectueux de ses sentiments et de son autonomie, où il est encouragé sans être puni, et où le parent suscite sa coopération au lieu de le contraindre.

 

7. Epilogue

L’édition de 2012 contient toute une série de témoignages de parents, qui ont permis aux auteurs de compléter leur ouvrage sur les questions suivantes:

  • oui, mais”: cette formulation envoie le message à l’enfant que tout ce qu’il vient de dire est balayé, sans importance. Le parent a donc tout intérêt à remplacer cette formulation par un “oui, et en même temps”, ou par “oui, même si tu sais”, ou encore se contenter d’accueillir ce que l’enfant dit sans chercher à y opposer un quelconque argumentaire.
  • pourquoi?”: les questions qui commencent par “pourquoi” peuvent être perçues comme des accusations face auxquelles l’enfant va se fermer; une solution consiste à remettre le problème entre les mains de l’enfant, tout en l’assurant de notre soutien.
  • la mise au coin: certains parents se sont étonnés de ne pas avoir vu de paragraphe à ce sujet dans le livre; les auteurs expliquent que pour elles, la mise au coin intervient à un moment où l’enfant a besoin de contact avec un adulte pour l’aider à accueillir ses sentiments et à trouver d’autres solutions pour les gérer.
  • le conjoint: de nombreux parents sont très frustrés de ne pas être en phase avec leur conjoint sur la manière de parler et de se comporter avec leur enfant; il n’y a malheureusement pas de solution-miracle, même si l’exemple peut faire beaucoup.
  • le pouvoir de l’humour: les auteurs n’en parlent presque pas, car elles avaient pensé qu’inciter des parents à faire preuve d’humour, EN PLUS de tout ce qu’ils devaient accomplir, serait exagéré. Mais elles reconnaissent que l’humour est un formidable outil pour changer l’humeur d’un enfant, et qu’au cours de leurs stages elles ont souvent été surprises de voir à quel point les parents sont inventifs en matière d’humour avec leur enfant.

Mais ce qui fait tout le sel de cette édition, c’est qu’un épilogue est rédigé par l’une des filles d’Adele Faber, Joanna, devenue mère à son tour. Elevée avec ces habiletés, elles a pu les intégrer comme une langue maternelle, et devenue adulte, elle-même a choisi d’animer des stages de parents selon la philosophie Faber&Mazlish.

Et pourtant, même lorsqu’on a été élevée avec bienveillance, et que l’on connaît les principes sur le bout des doigts puisqu’on les enseigne aux autres, la vie de maman n’est pas facile, comme elle en témoigne:

  • “Une vie calme et sans conflits avec de jeunes enfants, ça n’existe pas!”
  • “La condition de parent était tellement épuisante.”
  • “Quel genre d’enfant suis-je en train d’élever? Comme ai-je pu créer ce petit monstre qui n’a aucun sens des responsabilités, qui frappe sa sœur, qui ment, qui ne range pas ses affaires, qui pleurniche et qui est généralement aussi peu coopératif qu’un frelon enragé? C’était un si gentil petit bébé! Comment ai-je pu faire autant fausse route?”
  • “Le problème des devoirs est sans doute le plus difficile, il décourage tant d’enfants et frustre tant les parents qu’ils s’en arrachent les cheveux.”

 

J’ai beaucoup aimé cette dernière partie, rédigée par Joanna, parce qu’elle rappelle combien éduquer un enfant avec bienveillance est exigeant, et qu’il est illusoire de vouloir être parfait. Chaque fois que nous réussissons à répondre avec bienveillance à notre enfant, c’est déjà énorme!

 

Cet article est vraiment long, car je voulais vous présenter un maximum des idées contenues dans ce livre, et je vous remercie de l’avoir lu en entier.

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Ecouter pour que les enfants parlent, accueillir leurs émotions, pratiquer la résolution de conflits, développer des habiletés parentales, prendre le parti résolu que non, notre enfant n'agit pas "pour nous embêter", voilà les secrets qu'Adele Faber et Elaine Mazlish nous présentent dans cet ouvrage fondateur de l'éducation bienveillante et respectueuse.
Ecouter pour que les enfants parlent, accueillir leurs émotions, pratiquer la résolution de conflits, développer des habiletés parentales, prendre le parti résolu que non, notre enfant n’agit pas « pour nous embêter », voilà les secrets qu’Adele Faber et Elaine Mazlish nous présentent dans cet ouvrage fondateur de l’éducation bienveillante et respectueuse.

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3 commentaires sur “Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent – Faber et Mazlish

  1. Bonjour !

    Je voulais te féliciter pour ce résumé très exhaustif et néanmoins très fluide, du fameux « Faber et Maslich » qui est vraiment une des bibles de la parentalité positive. Je suis tombé sur ton article en préparant une vidéo sur les effets des compliments sur la confiance en soi.

    1. Bonjour et merci pour le compliment, ça fait toujours plaisir.
      N’hésite pas à m’envoyer le lien de ta vidéo, car cela va m’intéresser, ainsi que probablement mes lecteurs, d’aller la visionner!
      Belle journée,
      Caroline

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