Les quatre accords toltèques – Don Miguel Ruiz

Ces 4 accords toltèques, ainsi que le 5ème qui a été présenté plusieurs années plus tard, sont à la fois extrêmement simples et extrêmement puissants.

Applicables dans tous les domaines de la vie, je les trouve particulièrement utiles dans le cadre d’une parentalité bienveillante, et c’est bien sous cet angle que je vais vous présenter ce livre.

4 accords tolteques2

photo google image

Le rêve de la planète

Tout d’abord, l’auteur nous explique que ce que nous vivons n’est pas la réalité. Pour lui, nous vivons un rêve, et malheureusement, les générations d’humains qui nous ont précédé ont contribué à créer le rêve collectif actuel de la planète, qui s’apparente à un enfer sur terre.

Pour l’auteur, il est parfaitement possible de se libérer de ce rêve et d’en créer un autre, un rêve de paradis sur terre. Pour cela, il faut remplacer tous nos accords actuels (nos croyances), qui nous enferment en enfer, et les remplacer par d’autres, beaucoup plus puissants, qui nous libèrent vers le paradis.

Bien que cette partie-là du livre puisse sembler un peu “ésotérique” pour certains, l’auteur évoque avec justesse, sous forme imagée, le fait que nous vivons tous une “réalité” qui est différente de celle des autres. En effet, notre cerveau n’envoie à notre conscience qu’une infime partie de ce que captent tous nos capteurs sensoriels, celle qui est compatible avec notre schéma de croyances. C’est vraiment le verre à moitié vide ou à moitié plein: si ma croyance est qu’il n’y a jamais assez, ou que je me fais toujours avoir, je verrai un verre à moitié vide. Si en revanche, ma croyance est que j’ai toujours assez, ou que j’ai de la chance, mon verre sera à moitié plein.

Pour prendre conscience de ce filtrage du cerveau (dont je vous reparlerai dans un prochain article, car le sujet me passionne), il suffit de regarder cette vidéo sur youtube, où un groupe de personnes se fait des passes avec un ballon, en cherchant à compter le nombre de passes qu’ils se font.

Une fois le nombre de passes obtenu, il suffit de regarder à nouveau la vidéo, mais cette fois en cherchant le singe.

Et là, on constate, surpris voire atterré, à quel point, lors du premier visionnage, on a pu être aveugle à ce qui pourtant crève les yeux la seconde fois: un personnage, déguisé en singe, va et vient autour des personnes qui se font des passes…

Oui, notre conscience n’a accès qu’à une version de la réalité, celle que notre inconscient a jugé:

  • bonne pour nous,
  • utile,
  • conforme à notre vision du monde,
  • centrée sur ce à quoi on pense le plus souvent…

Pour prendre une image, c’est comme si nous étions tous assis dans le même cinéma, mais que chacun de nous soit doté d’un casque de réalité virtuelle avec son propre film.

realite virtuelle

photo danmo / Pixabay

Nous avons l’illusion de vivre dans le même monde, dans la même réalité, mais en fait chacun de nous se crée son propre film. Et à chaque instant, nous choisissons comment il se déroule.

Il est possible de changer notre cadre de croyances, nos “accords” internes; mécaniquement, nous changeons alors de réalité.

 

La domestication

Ce terme est terrible: pour Don Miguel Ruiz, nos enfants naissent totalement libres, ils ne sont pas encore liés à des accords délétères… Et c’est nous, les parents, les adultes autour d’eux, qui les leur enseignons. Ces accords enchaînent nos enfants, et nous les administrons généralement à coup de punitions et de récompenses, comme pour un animal; c’est pourquoi il emploie le terme de domestication.

Chaque fois que nous disons à notre enfant: “c’est comme ça”, nous lui imposons notre rêve, notre réalité… Et comme nous l’avons vu à l’instant, cette réalité est en fait toute relative. Nous l’empêchons donc de se créer son propre rêve, sa propre réalité.

Mais surtout, en le “domestiquant”, nous créons en lui 3 entités dont il va avoir beaucoup de mal à se défaire plus tard:

  • le livre de la loi (les croyances)
  • le juge (la petite voix qui nous rappelle sans cesse ce qu’on aurait dû faire, ou dire)
  • la victime (cette partie de nous qui subit ce que lui inflige le juge)

symboles justice

photo succo / Pixabay

Une fois le processus de domestication terminé, l’enfant n’a plus besoin de personne pour se juger lui-même: ne vous êtes vous jamais surpris à vous dire à vous même: “quelle idiot(e)!” ou “j’suis nul(le)”?

Le plus triste dans tout ça, c’est que grâce à la mémoire, le juge va pouvoir nous punir plusieurs fois pour les mêmes faits (ce qui est le summum de l’injustice!); et c’est ainsi que la culpabilité ou la honte s’installent durablement.

Cette partie-là du livre est pour moi cruciale, car elle souligne à quel point le rôle des parents est majeur dans la transmission du rêve de la planète. Avec nos enfants, nous avons le choix de leur transmettre un rêve de planète où il fait bon vivre, où l’on peut faire confiance aux gens que l’on rencontre, où l’on peut dire “je t’aime” sans que personne ne se moque. Ou un rêve de planète où “c’est la crise”, où il faut se méfier de son prochain, où il vaut mieux garder ses émotions pour soi…

Alors, pour changer de rêve, l’auteur préconise de changer d’accords. L’idée est de dresser l’inventaire de nos anciennes croyances, puis de nous en libérer, une à une, grâce à l’usage de 4 principes libérateurs, les fameux 4 accords toltèques.

 

1er accord: que ta parole soit impeccable

La parole est puissante: elle peut rendre heureux ou malheureux, elle peut asservir ou libérer. Il est donc crucial de porter attention aux mots qu’on emploie, pour soi et pour les autres. Une parole impeccable, par exemple, ne colporte pas de médisance, qui est un véritable poison. Au contraire, elle est bienveillante avec soi et avec les autres. Elle est fondée sur la vérité.

De mon point de vue, un excellent exemple de parole impeccable est la CNV (communication non violente). Dans le processus de la CNV, on utilise la parole pour

  • 1) énoncer des faits,
  • 2) exprimer ce qui se passe en nous, en termes de sentiments et de besoins (ce qui permet de donner un aperçu de notre monde à l’autre),
  • 3) questionner ce qui se passe en l’autre (recherche de la vérité, volonté d’apercevoir le monde de l’autre), et enfin
  • 4) faire une demande que l’autre est libre d’accepter ou de refuser.

Avoir une parole impeccable, c’est encore plus indispensable avec un enfant, dont le cerveau est hautement suggestible (les ondes que son cerveau émet sont les mêmes que celles émises par le cerveau d’un adulte sous hypnose). Si je dis à un enfant “tu es timide”, cette part suggestible de son cerveau dira “ah, OK, je suis timide” et il se construira une “réalité” sur cette base de timidité.

C’est pourquoi avec un enfant, il est nécessaire d’une parole impeccable, car elle lui ouvre des portes: “tu es capable”, “tu peux”, “oui”…

2ème accord: quoi qu’il arrive, n’en fais pas une affaire personnelle

Nous ne sommes pas responsables des actions et des émotions des autres; chacun vit dans son propre monde, et choisit de réagir comme il l’entend face à un évènement extérieur.

Ainsi, si je dis “tu es bête” à quelqu’un, et qu’il choisit de le prendre pour lui, alors il pourra se sentir mal, en colère, triste, et il risque de s’enfermer dans une définition de lui-même comme pas très intelligent. Mais s’il décide de ne pas en faire une affaire personnelle, il pourra comprendre que comme il n’est pas bête, c’est moi qui ai un problème pour lui envoyer cette information erronée sur lui-même.

Ce 2ème accord permet de ne plus jamais être blessé par la parole des autres. Il est indispensable pour vivre une parentalité bienveillante. En effet, chaque fois que mon enfant pleure, crie, me tape, me mord ou fait quoi que ce soit qui ne correspond pas à ce que j’attends de lui, cet accord me rappelle que mon enfant n’agit pas ainsi “pour m’embêter” ou “pour me manipuler”.

J’ai déjà expérimenté cet océan de patience qui semble s’ouvrir en moi lorsque je réalise que mon enfant, désagréable au possible, est malade. Tout à coup, je SAIS qu’il n’est pas désagréable pour m’embêter, il est simplement malade. Il m’est donc impossible de m’énerver contre lui…

C’est exactement ce que propose cet accord: cesser de penser que l’autre agit en fonction de moi. Je lui rends la responsabilité de ses paroles et de ses actions, et je ne suis pas obligé de réagir, de m’en vouloir, ou de susciter en moi une quelconque émotion négative.

3ème accord: ne fais pas de suppositions

Ce 3ème principe permet de se souvenir que nous vivons tous dans des réalités différentes. Si je commence à faire des suppositions quant au comportement de l’autre, assez vite je vais penser que l’une de mes suppositions, la plus plausible pour moi à cet instant, est vraie. Et je vais donc agir en fonction de cette supposition. Or je n’ai aucune idée de ce qui se passe en l’autre! Mon action risque donc fort d’être totalement déplacée, et de générer des problèmes.

Avec nos enfants, cet accord est crucial, et l’un des plus difficiles à mettre en œuvre. Nous oublions que nos enfants ne connaissent pas toutes nos règles. Quand un enfant n’en respecte pas une, nous supposons qu’il la connaissait (on lui a répété 100 fois!), et nous supposons donc qu’il l’a outrepassée volontairement.

Nous supposons qu’ils sont capables de certaines choses (comme se mettre à la place des autres, ou pouvoir retenir 2 consignes), alors qu’ils sont encore en plein apprentissage.

Nous supposons qu’ils ont le même rapport au temps que nous-même, alors qu’ils vivent dans l’instant présent.

Ne pas faire de suppositions, ni avec soi-même ni avec les autres: encore l’un des principes de la CNV, qui incite, par le questionnement, à découvrir ce qui est vivant pour soi et pour l’autre en termes de sentiments et de besoins. Parce que pour cesser de supposer et agir avec justesse, il suffit de se questionner et questionner l’autre: “tu agis d’une manière qui m’évoque la colère; est-ce bien de la colère?”

4ème accord: fais toujours de ton mieux

Les 3 premiers accords sont très puissants, mais ne servent à rien si on ne les met pas en action. Le 4ème accord permet ainsi de faire taire son juge intérieur, car si l’on fait toujours de son mieux alors on ne peut plus subir de critique.

Et il est important de se souvenir que le mieux d’aujourd’hui n’est pas le même que celui d’hier ou de demain!

Ce dernier principe est extrêmement libérateur. Il rejoint le droit à l’erreur développé dans le livre “nos enfants sont des merveilles”, et il invite à passer à l’action.

Ce principe permet de s’accepter tel que l’on est, de cesser de rêver à un idéal de perfection que l’on ne sera jamais. Forrest Gump est un champion du passage à l’action avec cette volonté de toujours faire de son mieux. Il n’attend pas d’avoir une idée parfaite, il n’est même pas sûr que ce soit une bonne idée. Mais il se lance dans l’action avec la volonté de faire de son mieux. Et il réussit! Car “c’est la pratique qui fait le maître” (p.82).

Un enfant n’attend pas de maîtriser totalement son équilibre pour essayer de marcher. Il tombe, et il recommence.

Nous aussi, parents, nous allons tomber, échouer. Mais si nous nous engageons à toujours faire de notre mieux, alors nous nous relèverons, chaque fois un peu plus forts, un peu plus bienveillants, et nous enseignerons ainsi à nos enfants une des plus belles leçons de vie: fais toujours de ton mieux.

 

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à me l’indiquer en commentaire et à le partager sur les réseaux sociaux!

Ah… et pour ceux qui ont suivi… le 5ème accord toltèque (qui n’est pas dans ce livre), c’est: “sois sceptique mais apprends à écouter”; autrement dit, écoute mais ne crois pas tout ce que tu entends. Vaste programme…

Besoin de 5 outils pour GÉRER et LIMITER les crises avec BIENVEILLANCE,


et en finir avec le sentiment d'être un "mauvais parent" ?

Recherches utilisées pour cet article :les 4 accords toltèques don miguel ruiz,etiquette accord tolteques,les 4 accords toltèques,yhs-fh_lsonswrow

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *